Qu’est-ce que l’EMDR ? Comprendre la Technique EMDR et son Impact Positif sur la Santé Mentale
Acronyme anglais, « EMDR » veut dire « Eye Movement Desensitization and Reprocessing » soit « désensibilisation et retraitement par mouvements oculaires » ; et « DSA » acronyme français signifie « Désensibilisation par Stimulations Alternées ».
C’est à Francine Shapiro (1948-2019), psychologue Américaine, que l’on doit la découverte (dans les années 1980) et son développement mondial, de la méthode EMDR. Ce qui n’était qu’une technique lors de son premier article de 1987 est maintenant une psychothérapie à part entière enseignée dans le monde entier.
Vous en avez peut-être déjà entendu parler comme d’une technique thérapeutique qui utilise les mouvements des yeux dans le cadre du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). En réalité, aujourd’hui, grâce à la recherche, c’est bien plus que cela.
En effet, l’EMDR est bien plus qu’une technique de stimulation bilatérale alternée des yeux ; c’est une méthode de thérapie brève dont l’approche est intégrative, et qui utilise également des stimuli kinesthésiques voire auditifs. Basée sur le modèle du traitement adaptatif de l’information (TAI), la méthode de l’EMDR a pour but de retraiter des souvenirs traumatiques, ou même des scénarios anticipatoires anxiogènes ne semblant à priori n’avoir aucun lien avec le passé. Ils viennent, les uns comme les autres, parasiter le présent d’une personne, le rendant plus ou moins invivable au quotidien.
Le traitement adaptatif de l’information (TAI)
se base sur l’hypothèse que la plainte et les symptômes actuels du client sont dus à l’activation de souvenirs du passé qui n’ont pas pu être traités comme le sont naturellement les autres souvenirs (sauf causes biologiques et biochimiques).
Le traitement adaptatif de l’information, c’est un peu comme le processus d’autoguérison du psychisme. Inné chez chacun.e d’entre nous, il nous permet de traiter nos expériences de vie (informations sensorielles + sentiments et émotions + pensées + ressentis physiques internes et externes) afin de les stocker dans des réseaux de neurones proches d’expériences similaires.
Le traumatisme
Parfois, le TAI ne fonctionne pas. Le modèle suppose que cela serait dû à des expériences non résolues, dont le vécu subjectif aurait été trop difficile, qui deviennent alors traumatiques ; le souvenir est comme encapsulé et se stocke de manière dysfonctionnelle dans un réseau de neurones qui lui est propre. Isolée des réseaux de neurones plus adaptatifs, la capsule de souvenirs est comme figée dans le temps.
Toute expérience future pouvant être associée à l’événement traumatique (dont les informations émotionnelles, cognitives et sensorielles sont encapsulées) va alors pouvoir réactiver l’accès à ce réseau de neurones isolés (ouvrir la capsule) et faire émerger toutes les informations brutes de l’événement non traité. La personne ayant vécu l’événement traumatique peut alors être amenée à revivre les sentiments, les pensées et les sensations vécus à l’époque, sans contrôle. Le passé fait irruption dans le présent sans y avoir été invité.
Le retraitement de l’information traumatique
Les stimulations bilatérales alternées permettent d’activer le traitement adaptatif de l’information. C’est ainsi que dans un cadre sécurisant et en s’assurant de la stabilité émotionnelle de la personne reçue, le.a thérapeute EMDR et son.sa client.e, collaboreront, à un rythme adapté, au retraitement du souvenir traumatique.
Quand le.a client.e se sent prêt.e, on ouvre la capsule, et on permet au système d’autoguérison du psychisme de faire son travail sur chaque élément qui en sort. Le travail de retraitement s’effectue jusqu’à ce que le système de neurones isolés stockant l’événement traumatique soit enfin connecté aux autres systèmes de neurones plus adaptatifs, (la capsule est dissoute).
C’est un peu comme si on aidait ce qui appartient au passé à se ranger dans les étagères à souvenirs à une place adaptée, afin qu’il ne vienne plus parasiter le présent. Autrement dit, les éléments de l’événement traumatique (sensations et ressentis physiques, émotions, pensées… d’alors) remis en lien avec les réseaux de neurones porteurs de l’ensemble de l’expérience de vie de la personne, vont pouvoir être « digérés » et faire « sens », d’une façon ou d’une autre, tout en libérant la charge émotionnelle.
Combien de séances sont nécessaires ?
Il est impossible d’en juger à l’avance. Cela dépend de plusieurs facteurs comme :
- l’histoire d.u.e la client.e (le nombre de capsules)
- la charge des souvenirs à retraiter (le nombre d’éléments présents dans une capsule)
- le temps nécessaire à chaque personne pour permettre ce courageux travail tout en prenant soin du cadre de sécurité et de stabilité indispensable
Nous conviendrons d’un plan de séances en première consultation.

